Le brouillard monte doucement de la vallée. Il fait doux. Les arbres se teintent de jaune et roux. Le Canigou est bien blanc. Calme à Sirach. Le rêve pour les retraités. Village « cul de sac », d’où promenades à pied sans risque et d’autant plus aisées  que nombre de chemins sont presque plats. Dans la maison l’odeur des cèpes en train de sécher embaume l’air. Je suis allée, rituel d’autres temps, avec Joseph et Fafou à la cueillette des champignons. On en a trouvé quelques uns. Il n’y a pas encore si longtemps ( 3-4 ans) , je me souviens de notre tournée- champignons, où au dessus de Tarrerach nous avions trouvé des cèpes à ne plus ne savoir qu’en faire, nous étions tous les trois: Joseph, toi et moi....nous avions fait une photo souvenir. Tu ne goûtes plus à ces joies simples, et moi, comme un remords, je n’ai que la souvenance de ces instants.

 

        J’ai regardé hier soir un téléfilm : Victor Hugo ennemi d’état . Où on le voit glisser de royaliste( il était pair de France) vers une extrême gauche après avoir été déçu par Louis Napoléon Bonaparte.

 L’un, après la révolution de 1848  qui voit le peuple de Paris massacré  sur les barricades, se tourne vers la cause du peuple et la révolution , et l’autre, St Simonien qui avait écrit «  De l´instinction du paupérisme » qui semblait avoir une approche de sensibilité de gauche, sur la misère et la pauvreté et qui va se révéler être le fossoyeur de la République après son coup d’état

Et j’en reviens toujours à la Terreur.

 Je lis le livre « l’Églantine et le Muguet »  de Danièle Sallenave. Et au chapitre 42 : « la Marianne » elle raconte la « grande affaire de Trélazé »( son village dans l’Anjou) . Elle parle de Napoléon III et de son livre et elle note sa pensée, « il ne s’agit pas de mettre la classe ouvrière au pouvoir, mais de donner à la classe ouvrière un avenir et de la relever à ses propres yeux , ( pensée de Napoléon III) grâce à un ensemble de lois qui encadrent autoritairement la classe ouvrière tout en mettant en place des élections professionnelles et des mutuelles, « l’empereur parvient à circonscrire l’agitation ouvrière »..

  Or à Trélazé, l’agitation ouvrière va se réveiller. Les ouvriers, les Ardoisiers, les Perreyeux ont des conditions de travail de plus en plus difficiles: «  le travail de l’ardoise est dur et dangereux...la machine à vapeur permet des puits de plus en plus profonds, de plus en plus risqués ... d’où la présence à Trélazé de la Marianne, une société secrète issue de la Jeune Montagne Parisienne ». C’est une association républicaine née après Le coups d’état de Louis Napoléon. Il va y avoir la révolte de 1855. «  les ardoisiers continuent de mener une vie extraimement précaire, menacés par les chutes et par la schistose. Leur vie c’etait du Zola... le 26 Août, des centaines d’ouvriers se révoltent, pillent la gendarmerie pour s’emparer des armes. La république démocratique et sociale est proclamée...émeute de plus de 600 ouvriers partie de Trélazé pour marcher sur Angers....ils pénètrent dans Angers en chantant La Marseillaise, ils progressent jusqu’ à la rue Hanneloup... la colonne est arrêtée par les gendarmes qui se trouvaient en embuscade dans la rue Bressigny.... 138 hommes sont arrêtés, jugés, et condamnés...ce n’est pas encore la Commune , mais un vent de terreur a soufflé sur la bonne société.  »

Et revoilà la Terreur.   Résultats :  La Constitution de 1848 a aboli la peine de mort en matière politique , ils seront donc déportés ou emprisonnés : bagne de Cayenne, en Algérie ,ou emprisonnés au Mont St Michel à Belle- Île en Mer. 

La Terreur pour qui ?